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🕯️Mémoire et réconciliation : quel rôle pour les communes aujourd’hui ?

C’est depuis Châlette-sur-Loing, devant l’école Miriam Makeba, qu’Olivier Masson engage une réflexion sur la mémoire, nourrie par une expérience personnelle récente : un séjour au Rwanda.

Trente ans après le génocide des Tutsi, le Rwanda demeure un pays profondément marqué par son histoire, mais aussi engagé dans un long et exigeant travail de reconstruction, de justice et de réconciliation. Ce travail n’est pas achevé : les mémoriaux sont nombreux, et il arrive encore que des fosses communes soient découvertes lors de travaux.


Le Rwanda : assumer l’histoire pour aller de l’avant

Ce qui frappe au Rwanda, c’est la manière dont la société assume son passé.
Les tribunaux populaires mis en place à partir de 1997 ont permis de juger les crimes, et aujourd’hui, d’anciens condamnés vivent à nouveau dans la société, dans un climat globalement apaisé — sans nier les blessures toujours présentes.

Cette capacité à regarder l’histoire en face interroge nos propres pratiques mémorielles.


Un lien ancien entre le Loiret et le Rwanda

Une anecdote révèle la profondeur de ces liens : dans la mémoire collective rwandaise, le Loiret reste associé à la province de Butaré, anciennement jumelée.
Un souvenir qui perdure, malgré l’effacement progressif de ces coopérations après le génocide.


Les commémorations : un rôle essentiel des communes

La commémoration du génocide des Tutsi, célébrée à Châlette-sur-Loing, montre qu’un territoire peut porter un lieu de mémoire à l’échelle de l’agglomération.

Mais ces cérémonies posent aussi des questions pratiques et politiques :

  • multiplication des Ă©vĂ©nements,
  • fatigue et vieillissement des associations patriotiques,
  • dispersion des forces et des porte-drapeaux.

D’où l’idée de réfléchir à une coordination à l’échelle du bassin de vie, sans effacer l’identité de chaque commune.


Associer les citoyens, les enseignants et les jeunes

La mémoire ne concerne pas uniquement les associations patriotiques ou les rescapés.
Elle peut devenir un projet éducatif et citoyen, associant :

  • enseignants,
  • Ă©lèves,
  • associations,
  • collectivitĂ©s.

Expositions, prises de parole de jeunes, projets pédagogiques : à condition d’anticiper et de poser un cadre clair, ces initiatives peuvent donner du sens aux commémorations.


Reconnaître toutes les mémoires

La réflexion s’étend à d’autres conflits, notamment la guerre d’Algérie, longtemps qualifiée de « guerre sans nom ».
Soldats appelés, harkis, rapatriés, familles algériennes, officiers : les mémoires sont multiples et parfois contradictoires.

Les communes ne tranchent pas les débats nationaux, mais elles peuvent créer des espaces de dialogue, de reconnaissance et de transmission.


Faire de l’éducation populaire

Expliquer le sens du 14 juillet, des dates commémoratives, des événements historiques :
ce n’est pas faire un cours d’histoire, mais donner des repères pour comprendre le présent.

La mémoire n’est pas un rituel figé.
Elle est un outil pour penser notre société, favoriser le dialogue et préparer l’avenir.


Une ambition pour le territoire

Si les citoyens font confiance à la liste des Citoyens du Montargois, cette approche collective de la mémoire — inclusive, pédagogique et coordonnée — sera portée à l’échelle du bassin de vie.

Parce que la mémoire nous concerne tous, et qu’elle peut devenir un levier de paix, de compréhension et de cohésion.

Durée de la vidéo 10:03

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